Veille RSE N° 27 – Semaine du 8 au 14 juin 2026
✍️ Édito — Ce qui plie n’est pas ce qui tient
La semaine dernière, l’enjeu était de défendre les instruments contre ceux qui réclamaient une pause. Cette semaine, les projecteurs se braquent ailleurs : sur le spectacle du recul. BP dissout sa division bas carbone et assume son retour au pétrole. Les champions européens de la batterie, Northvolt et Morrow, s’effondrent l’un après l’autre. Chez Decathlon, une grève inédite en vingt-neuf ans fissure le récit social d’un fleuron. Trois images fortes, une même tentation : conclure que la transition échoue.
Ce serait confondre le bruit avec la tendance. Car pendant que les vitrines plient, le socle, lui, continue de se construire — sans caméra. L’EFRAG outille méthodiquement les PME pour le reporting de durabilité, traduit ses modèles, organise ses forums, peaufine sa doctrine sur la comptabilité carbone. Les chaînes d’approvisionnement se réorganisent sous la contrainte climatique. L’INERIS mesure, surveille, anticipe les risques industriels que personne ne veut découvrir après coup. Les nappes phréatiques, elles, baissent qu’on en parle ou non.
Il y a là deux régimes de durabilité, et ils n’ont pas le même volume sonore. Le premier est héroïque : des champions, des pure players, des paris industriels spectaculaires — et donc des chutes spectaculaires. Le second est infrastructurel : des normes, des outils, de la métrologie, de la gestion de ressources. Le premier fait des titres parce qu’il raconte une histoire ; le second n’en fait pas parce qu’une infrastructure, par définition, ne se raconte pas — elle tient.
L’erreur stratégique de l’époque serait de prendre le reflux des héros pour la fin du mouvement. Un champion qui tombe est une nouvelle ; mille PME qui apprennent à mesurer leur empreinte n’en sont pas une. Pourtant, c’est là que se joue la robustesse réelle : non dans la gigafactory qui éblouit puis s’écroule, mais dans la capacité diffuse, lente, peu glamour, d’une économie à rendre compte de ce qu’elle fait au réel.
C’est précisément ce que Ma-RSE défend : une RSE ancrée dans les faits, les cadres réglementaires et les décisions structurantes. Cette semaine, la vraie question n’est pas « la transition est-elle en train d’échouer ? », mais « regardons-nous au bon endroit ? ». Car ce qui plie sous les projecteurs n’est presque jamais ce qui tient dans l’ombre.
🔋 Transition énergétique : le reflux des champions verts
C’est le récit dominant de la semaine — et le plus trompeur si on s’y arrête. Deux symboles de la transition industrielle européenne vacillent au même moment. Mais derrière le constat d’échec se cache une leçon plus utile : la fragilité n’était pas dans l’ambition, elle était dans le modèle économique qui devait la porter.
🛢️ BP : le grand retour au pétrole — BP a décidé de dissoudre sa division dédiée aux énergies bas carbone, confirmant un recentrage assumé sur le pétrole et le gaz. Le geste est un signal envoyé à tout le secteur : sous la pression des actionnaires et des marchés, l’ambition climatique redevient une variable d’ajustement. Mais ce retour en arrière n’invalide pas la transition — il révèle qu’une stratégie durable adossée au seul cours de l’action ne résiste pas au premier arbitrage financier. La conviction qui dépend du prix du baril n’était pas une conviction.
🔌 Northvolt et Morrow : pourquoi les champions s’effondrent — Pionniers européens de la batterie durable, Northvolt et Morrow affrontent des difficultés financières et opérationnelles majeures. Leur chute interroge moins la pertinence de la transition que la solidité des modèles censés l’incarner : calibrage économique, stratégie de financement, anticipation des cycles de marché. La leçon pour les entreprises engagées est rude mais claire — la résilience d’un modèle vert se joue dans sa structure financière autant que dans son intention environnementale.
👉 Le point de vigilance stratégique : ne pas confondre la chute des champions avec l’échec du mouvement. Ce qui s’effondre, ce sont des modèles économiques fragiles, pas la nécessité de la transition. La robustesse ne se mesure pas à la taille de l’ambition affichée, mais à la capacité à la financer dans la durée.
🔎 Le risque concret pour votre entreprise — même en TPE/PME
Le projet vert qui dépend d’une seule béquille : une petite entreprise qui mise sur un investissement « durable » (panneaux, flotte électrique, nouveau procédé) financé par une seule aide, un seul prêt ou un seul gros client fragilise tout son pari. Comme Northvolt, c’est le montage financier qui lâche avant l’idée. Sécuriser plusieurs sources de financement avant de s’engager est une protection de base.
L’engagement qui ne survit pas au premier coup dur : afficher une ambition environnementale puis l’abandonner au premier trimestre difficile abîme durablement la crédibilité — vis-à-vis des salariés comme des clients. Mieux vaut un engagement modeste qu’on tient qu’une promesse ambitieuse qu’on renie. La constance vaut plus que l’éclat.
📊 Reporting et PME : outiller plutôt que renoncer
Pendant que les champions reculent, l’EFRAG avance — discrètement, méthodiquement. Loin du fracas médiatique, c’est ici que se construit l’infrastructure réelle de la durabilité : des outils, des standards, des formations qui rendent la mesure accessible, y compris aux plus petites structures. Une transition qui ne se voit pas, mais qui change tout.
🧩 VSME : un modèle numérique qui s’élargit — L’EFRAG a enrichi son modèle numérique VSME (standard volontaire pour les PME) en y ajoutant le slovène et de nouvelles fonctionnalités de personnalisation. Derrière la mise à jour technique, un enjeu d’accessibilité : rendre le reporting de durabilité adapté aux moyens réels des petites entreprises, partout en Europe. La transparence ne se diffuse pas par décret, mais par des outils qu’on peut effectivement utiliser.
🤝 Second SME Forum 2026 : monter en compétence ensemble — L’EFRAG organise son second forum SME de l’année, dédié au renforcement des compétences des PME en matière de reporting de durabilité : partage de bonnes pratiques, retours d’expérience, mise en œuvre concrète des normes. L’enjeu n’est plus de convaincre, mais de capaciter — donner aux petites structures les moyens pratiques de faire ce que la réglementation attend d’elles.
👉 https://www.efrag.org/en/news-and-calendar/news/join-the-second-sme-forum-meeting-of-2026
💶 Webinaire EFRAG-OCDE : financer durablement les PME — En collaboration avec l’OCDE, l’EFRAG explore comment la digitalisation et les pratiques volontaires peuvent améliorer l’accès des PME au financement durable. Le message est stratégique : le reporting n’est pas qu’une contrainte, c’est une clé d’accès au capital. Mesurer pour être financé — la durabilité devient un actif, pas seulement une obligation.
📐 GHG Protocol : la doctrine se précise — L’EFRAG a publié sa lettre de commentaire sur la première phase de révision des protocoles GES, plaidant pour un meilleur alignement des rapports d’émissions avec les objectifs globaux de durabilité. Un travail de fond, invisible mais décisif : c’est dans la solidité de ces standards que se joue la crédibilité de toute comptabilité carbone à venir. La preuve commence par la qualité de la règle qui la définit.
👉 Ce que cela révèle : la durabilité quitte la phase héroïque pour entrer dans la phase outillée. Pendant qu’on commente le recul des grands, l’infrastructure qui obligera tout le monde — y compris les PME — se met silencieusement en place. S’y préparer dès maintenant, c’est prendre une longueur d’avance sur la contrainte de demain.
🔎 Le risque concret pour votre entreprise — même en TPE/PME
Attendre la dernière minute pour s’outiller : le reporting de durabilité descend progressivement vers les petites structures, via les donneurs d’ordre et les banques. Le standard volontaire VSME existe précisément pour les PME : s’en saisir tôt, même partiellement, évite la course de dernière minute quand un client ou un financeur l’exigera.
Le financement qui passe à côté faute de données : de plus en plus d’accès au crédit ou aux aides intègrent des critères de durabilité. Une PME qui sait montrer quelques indicateurs simples (consommations, déchets, émissions) ouvre des portes qu’une entreprise « muette » garde fermées. Le reporting n’est pas qu’une charge — c’est une clé.
🌐 Capitaux, commerce et grands événements : la transition à l’épreuve du réel
Les capitaux affluent, les échanges se réorganisent, les grands rendez-vous se préparent — mais derrière les annonces, les mêmes questions reviennent : vers quoi va l’argent, qui supporte l’empreinte, et que cache-t-on dans l’angle mort matériel de la croissance ?
🤖 Hauts-de-France : la « Vallée de l’IA » séduit les investisseurs — La région structure une stratégie d’attractivité combinant intelligence artificielle et RSE, attirant des investisseurs autour de sa « Vallée de l’IA ». Le modèle illustre une synergie public-privé prometteuse — mais aussi un point de vigilance : l’IA est énergivore, et l’attractivité ne vaut transformation que si l’empreinte du calcul est mise en regard de ses promesses. Séduire les capitaux ne suffit pas ; encore faut-il qu’ils financent une croissance soutenable.
🩺 Doctolib et les données de santé : la tempête de l’IA — Le leader européen de la prise de rendez-vous médical se trouve au cœur d’une controverse sur la gestion et la sécurité des données de santé, à l’heure de l’IA. Le cas rappelle que la responsabilité numérique est une dimension à part entière de la RSE : dans la santé plus qu’ailleurs, la confidentialité des données n’est pas une option technique, c’est un engagement éthique. La conformité RGPD devient un test de crédibilité, pas une formalité.
🚢 Supply chain : le climat redessine la géographie mondiale — Sous la contrainte climatique et réglementaire, les entreprises repensent leurs chaînes d’approvisionnement : technologies propres, relocalisation, fournisseurs plus vertueux. Un mouvement de fond, moins visible qu’une faillite mais bien plus structurant : la RSE quitte le rapport annuel pour entrer dans la cartographie même des flux. La durabilité devient une question de logistique, pas seulement de discours.
⚖️ Commerce UE–États-Unis : la législation tarifaire en jeu — Un point presse du Parlement européen a éclairé les évolutions de la législation tarifaire transatlantique, susceptibles d’influer sur les pratiques RSE des entreprises opérant des deux côtés de l’Atlantique. Harmonisation des standards, pratiques plus équitables : le commerce devient un levier — ou un frein — de la durabilité. Les règles d’échange façonnent les chaînes de valeur autant que les chaînes de valeur façonnent les échanges.
⚽ Mondial 2026 : l’empreinte d’un événement-monde — Réparti entre États-Unis, Canada et Mexique, le Mondial de football soulève des défis environnementaux majeurs : distances considérables entre villes hôtes, empreinte carbone des déplacements, risques sanitaires liés à la chaleur. L’événement met à l’épreuve la capacité des grands organisateurs à conjuguer ampleur et responsabilité. Un grand événement durable ne se proclame pas — il se conçoit dès la géographie de son calendrier.
👉 Le risque sous-estimé : un capital qui se précipite vers l’IA et l’attractivité tout en laissant l’empreinte matérielle — données, transports, énergie — dans l’angle mort. La vraie question n’est pas « combien attire-t-on ? », mais « ce que l’on attire décarbone-t-il, ou alourdit-il la facture ? ».
🔎 Le risque concret pour votre entreprise — même en TPE/PME
La donnée client mal protégée engage le dirigeant : comme Doctolib à grande échelle, toute petite structure qui collecte des données (fichier clients, rendez-vous, santé, paie) est responsable de leur sécurité. Une fuite ou un usage non maîtrisé expose à des sanctions RGPD et à une perte de confiance. Savoir quelles données on détient, où, et pourquoi, est une hygiène de base.
La chaîne d’approvisionnement, maillon faible et levier : une TPE dépendante d’un fournisseur lointain, carboné ou fragile s’expose aux ruptures comme aux exigences climatiques de ses clients. Connaître ses fournisseurs et diversifier ses sources est à la fois une mesure de résilience et un argument commercial croissant.
🌱 Vivant et ressources : ce que le temps long exige
Loin du tumulte des marchés, des dossiers engagent des équilibres qui ne se reconstituent pas à l’échelle d’un mandat : l’eau qui manque, le sol qu’on épuise ou qu’on régénère, le toxique qui s’accumule en silence. Ici, la responsabilité se mesure à l’aune du temps long — celui que l’économie a tendance à oublier.
💧 Nappes phréatiques : la baisse continue — Faute de précipitations suffisantes, le niveau des nappes françaises poursuit son déclin, dans un contexte de dérèglement climatique accéléré. Pour les entreprises, l’eau cesse d’être une ressource acquise pour devenir un risque opérationnel : restrictions, conflits d’usage, interruptions d’activité. Intégrer la gestion de l’eau dans sa stratégie n’est plus une option vertueuse — c’est une condition de continuité.
🌾 Agriculture régénératrice : restaurer plutôt qu’épuiser — Agroforesterie, gestion holistique du pâturage, réduction du travail du sol : l’agriculture régénératrice restaure la biodiversité, améliore les sols et capte le carbone. Pour les filières agroalimentaires, elle peut devenir un pilier de stratégie RSE — à condition de dépasser le label pour entrer dans la pratique. Régénérer le vivant, ce n’est pas une posture marketing : c’est investir dans le socle même de la production.
👉 https://www.linfodurable.fr/solutions/quest-ce-que-lagriculture-regeneratrice-56914
☣️ Cadmium : le toxique que le silence protège — Alors que la réglementation européenne sur le cadmium dans l’alimentation se durcit, de nombreux acteurs du secteur restent silencieux. Métal lourd qui s’accumule dans l’organisme avec des effets durables, le cadmium illustre un mécanisme connu : l’absence de transparence protège d’abord ceux qui polluent. Pour les entreprises, anticiper la règle plutôt que la subir est le seul réflexe RSE crédible.
👉 Ce que cela change : la souveraineté en eau, en sol et en santé devient un terrain d’arbitrage entre court terme productif et long terme écologique. Le vivant n’est pas une variable d’ajustement — c’est le socle de toute activité. Y arbitrer à courte vue, c’est hypothéquer ce qui ne se reconstitue pas.
🔎 Le risque concret pour votre entreprise — même en TPE/PME
La ressource qui manque arrête l’activité : restrictions d’eau, sols dégradés, sécheresse — autant de contraintes physiques qui peuvent stopper net une exploitation agricole, un restaurant ou un chantier. Anticiper un plan B (stockage, horaires, approvisionnement alternatif) coûte bien moins cher que de subir l’interruption.
Le produit sensible qui devient un passif : une activité qui manipule ou commercialise des substances réglementées (engrais, métaux, additifs) doit suivre l’évolution des seuils — comme pour le cadmium. Anticiper la norme évite le retrait de produit, l’amende et la perte de marché. Le silence n’est pas une stratégie, c’est un report de risque.
⚠️ Risque industriel et métrologie : la RSE par la maîtrise du danger
On l’oublie souvent : la RSE commence par la sécurité — celle des travailleurs, des riverains, des écosystèmes. Cette semaine, l’INERIS rappelle que la responsabilité repose d’abord sur la capacité à mesurer, surveiller et anticiper le danger. Le « S » de RSE n’est pas un supplément éthique : c’est une discipline technique.
⛏️ Mécanique des roches : maîtriser l’impact des activités extractives — Le Comité Français de Mécanique des Roches, avec l’INERIS, tient une séance technique le 15 octobre 2026 sur les avancées au service d’une gestion durable des ressources minérales et de la réduction des risques géotechniques. Un sujet aride en apparence, mais décisif : c’est dans la maîtrise fine du sous-sol que se joue l’acceptabilité environnementale et sociale des activités extractives. La durabilité d’une mine commence par la science qui la sécurise.
👉 https://www.ineris.fr/fr/seance-technique-comite-francais-mecanique-roches-15102026
☠️ Sulfure d’hydrogène : le risque diffus de la santé au travail — Gaz toxique et inflammable présent notamment dans le traitement des eaux usées et l’extraction pétrolière, le sulfure d’hydrogène (H₂S) appelle surveillance accrue et normes de sécurité strictes. L’enjeu RSE est double : protéger les travailleurs et prévenir les atteintes environnementales. Un rappel que la responsabilité sociale la plus concrète se joue souvent dans l’invisible — la qualité de l’air qu’on fait respirer à ses salariés.
👉 https://www.ineris.fr/fr/sulfure-hydrogene
🌐 Sismicité induite : anticiper un risque rare mais grave — L’INERIS organise les 5 et 6 novembre 2026 un atelier sur les bonnes pratiques de gestion de la sismicité induite — ces séismes provoqués par certaines activités (géothermie, stockage, extraction). Surveillance précoce, méthodologies, cadre réglementaire : un enjeu de licence to operate autant que de protection des communautés locales. Anticiper l’externalité avant qu’elle ne survienne, c’est refuser de la découvrir après le dégât.
👉 https://www.ineris.fr/fr/workshop-bonnes-pratiques-gestion-sismicite-induite-5-6112026
👉 Ce que cela révèle : la responsabilité commence par la métrologie. On ne gère que ce que l’on accepte de mesurer. Pendant que les grands récits se font et se défont, c’est cette discipline patiente de la mesure et de la prévention qui constitue le socle réel de toute RSE crédible.
🔎 Le risque concret pour votre entreprise — même en TPE/PME
La sécurité au travail engage la responsabilité du dirigeant : garage, atelier, exploitation, laboratoire — beaucoup de petites activités exposent les salariés à des produits ou des situations dangereuses. Une exposition mal maîtrisée ou un accident engagent directement la responsabilité du chef d’entreprise. Connaître ses risques et tracer ses mesures de prévention est une protection juridique autant qu’humaine.
Le risque rare qu’on n’a pas anticipé coûte le plus cher : comme la sismicité induite à l’échelle industrielle, un événement improbable mais grave (incendie, fuite, panne majeure) peut tout arrêter. Un plan de prévention simple, même sommaire, transforme une catastrophe potentielle en incident gérable.
👥 Travail, droits et quotidien : la durabilité par les personnes
La durabilité ne tient pas qu’aux normes et aux capitaux : elle tient à des personnes — des salariés qui se mettent en grève, des publics qu’on inclut ou qu’on néglige, des consommateurs qui cherchent à concilier santé et budget. Le facteur humain n’est pas un supplément d’âme de la RSE : il en est la matière première.
✊ Decathlon : une grève inédite en 29 ans — Pour la première fois en près de trois décennies, Decathlon affronte un mouvement de grève significatif, sur fond de revendications sur les conditions de travail et les rémunérations. Le cas dépasse l’enseigne : il rappelle qu’un récit social de marque ne dispense pas du dialogue réel. La RSE interne se mesure à la qualité du dialogue social en temps de tension, pas à la fluidité de la communication en temps calme.
♿ Droits des personnes handicapées : un cadre international renforcé — La conclusion de la Conférence des Nations Unies sur les droits des personnes handicapées, avec la participation d’eurodéputés, réaffirme l’accessibilité et l’inclusivité comme principes structurants. Pour les entreprises, c’est un cap clair : aligner les politiques internes sur les standards internationaux de droits humains. L’inclusion n’est pas une faveur — c’est une obligation de cohérence avec les engagements affichés.
🌍 Pacte européen sur la migration : un cadre qui entre en vigueur — L’entrée en application du Pacte européen sur la migration pose de nouvelles bases pour la gestion des flux et l’intégration. Pour les entreprises, il ouvre un terrain concret de diversité et d’inclusion, et interroge les conditions de travail équitables offertes aux travailleurs migrants. Un cadre réglementaire de plus qui rappelle que la responsabilité sociale se joue aussi dans l’accueil et l’intégration.
🥗 Consommer sain sans se ruiner : un enjeu d’accessibilité — Manger sain et responsable sans grever son budget est possible, à condition de choix éclairés. Pour les entreprises, c’est un levier concret : restauration collective, sensibilisation, achats responsables. Un rappel utile que la durabilité ne doit pas devenir un privilège — sa crédibilité sociale tient à son accessibilité au plus grand nombre.
👉 Ce que cela change : la robustesse RSE se vérifie sur le terrain humain. Dialogue social, inclusion, accessibilité ne sont pas des variables d’ajustement quand le contexte se durcit — ce sont les premiers indicateurs de la solidité réelle d’une organisation.
🔎 Le risque concret pour votre entreprise — même en TPE/PME
Le conflit social qui couve faute de dialogue : dans une petite équipe, une tension non écoutée dégénère vite — départ, démotivation, perte de savoir-faire. Comme chez Decathlon à grande échelle, le silence coûte plus cher que l’écoute. Un temps d’échange régulier, même informel, prévient des crises bien plus onéreuses.
L’inclusion comme avantage, pas comme charge : rendre son activité accessible (locaux, recrutement, communication) élargit la clientèle et le vivier de talents. Pour une petite structure, traiter sérieusement l’accessibilité et la diversité est un avantage concret de marque employeur face aux grands groupes.
🧭 Conclusion — Regarder où la durabilité se construit vraiment
La ligne de partage de la semaine n’est pas entre ceux qui croient à la transition et ceux qui y renoncent. Elle est entre deux régimes de visibilité. D’un côté, le spectacle du recul : BP qui revient au pétrole, Northvolt et Morrow qui s’effondrent, Decathlon en grève — des images fortes, des titres faciles, un parfum de fin de partie. De l’autre, le travail du socle : l’EFRAG qui outille les PME, les chaînes d’approvisionnement qui se réorganisent, l’INERIS qui mesure le risque, les nappes qu’on surveille. Le premier régime fait du bruit ; le second tient le réel.
Entre les deux, l’enjeu n’est pas de nier le recul — il est réel, et instructif. Mais de ne pas le confondre avec la tendance. Ce qui s’effondre, ce sont des modèles économiques mal calibrés, des engagements adossés au cours de l’action, des récits sociaux démentis par la pratique. Ce qui tient, c’est l’infrastructure patiente de la mesure, de la norme, de la prévention — moins glamour, plus robuste. Une durabilité qui sort de sa phase héroïque pour entrer dans sa phase mature.
La robustesse, dès lors, ce n’est pas de produire des champions spectaculaires, ni de pleurer leur chute. C’est de construire, partout, la capacité diffuse à rendre compte : le reporting que la PME apprend à faire, le risque industriel qu’on accepte de surveiller, la ressource qu’on accepte de mesurer, le dialogue social qu’on accepte d’ouvrir. Ce travail-là ne fait pas la une. Mais c’est lui qui décide si une économie tient ses promesses ou se contente de les afficher.
C’est la conviction qui fonde Ma-RSE : essaimer une RSE ancrée dans les faits, les cadres réglementaires et les décisions structurantes. Non pour ajouter au bruit ambiant, mais pour aider à distinguer ce qui plie sous les projecteurs de ce qui tient dans l’ombre. Car la durabilité ne se mesure pas au volume de ce qui s’effondre — mais à la solidité de ce qui, sans bruit, continue de se construire.
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